Selon un communiqué du ministère ukrainien de la Culture, quatre années de guerre totale ont coûté la vie à 342 artistes et professionnels de la culture ukrainiens et à 119 professionnels des médias.
Certains d’entre eux, comme la photographe Irina Tsvila, ont pris les armes et sont morts au combat. D’autres, comme Alexandre Kislouk, professeur de slavon et de grec, historien et traducteur, ont été fusillés par les occupants à Boutcha. La célèbre actrice ukrainienne Oksana Chvets a été tuée lors du bombardement d’un immeuble résidentiel à Kyiv, chez elle. L’écrivaine et militante Victoria Amelina, lauréate du prix Konrad, a trouvé la mort à Kramatorsk, où elle se trouvait avec une délégation de journalistes et d’écrivains colombiens. Les occupants russes ont frappé le restaurant où ils dînaient, et Victoria a été mortellement blessée…
Le projet « Nedopysani » (Les inachevés), fondé par l’écrivaine et paramédicale du bataillon médical volontaire « Les Hospitaliers » Olena Herasyuk et l’écrivain et militaire Yevhen Lir, indique sur sa page X que, à ce jour, plus de 275 représentants et représentantes de la littérature ukrainienne ont perdu la vie à cause de l’agression russe.
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« Nedopysani » est un « projet dédié à la mémoire de ceux dont l’histoire littéraire a été interrompue. Nos héros sont des écrivains, des traducteurs, des poètes, des éditeurs, des essayistes, des spécialistes de la littérature, des bibliothécaires et des promoteurs du livre. Des hommes et des femmes, des militaires et des civils, des auteurs connus et ceux qui ont fait entendre leur voix peu avant leur mort ».
Les journalistes qui travaillent actuellement en Ukraine produisent des informations, des enquêtes et des reportages dans des conditions à haut risque. Ils ne viennent pas pour mourir, mais pour documenter, afin de fournir à l’Ukraine et au monde des informations fiables.
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Depuis le 22 février 2022, non seulement des Ukrainiens, mais aussi sept journalistes étrangers qui informaient le monde sur les événements en Ukraine ont été tués. Parmi eux, l’Américain Reno Brent Anthony Renaud, reporter pour Time et documentariste, un photojournaliste irlandais de Fox News, le français Pierre Zakrzewski, le réalisateur lituanien Kvedaravicius Mantas, le journaliste français de la chaîne BFMTV Frédéric Leclerc-Imhoff…
Parmi les journalistes tués par Moscou figure Dmytro Sintchenko, correspondant du magazine Tyzhden. Il a d’abord travaillé pour notre magazine en tant que correspondant depuis sa ville natale de Kropyvnytskyi, puis en tant que volontaire militaire. Entre les combats, il nous écrivait des notes du front. Son dernier reportage a été publié le 24 août 2023.
« Dmytro ne se voyait pas comme un héros. Un héros, pour lui, c’était quelqu’un qui faisait quelque chose d’extraordinaire et d’extrêmement important. Une opération de sauvetage d’un blessé, c’est un travail quotidien sur la ligne de front, mais rien d’extraordinaire. C’est en tout cas ce qu’il pensait. A part ça, il pensait que nous, nous avions une idée fausse de l’héroïsme, puisqu’on met en valeur des héros qui sont morts », raconte son frère, Maksym Sintchenko.
Journaliste professionnel, Dmytro Sintchenko est allé sur le front, pour que l’Ukraine vive. Il ne comptait pas mourir. En combattant, il continuait à faire son métier : documenter, informer, témoigner.
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Les crimes systématiques commis par la Russie contre les journalistes et les médias constituent une menace grave pour la liberté d’expression et la sécurité de l’information, et portent atteinte aux valeurs démocratiques et aux droits humains.


