Natalia Kramar Linguiste et docteure en philosophie ancienne de Sorbonne Université

La grande guerre et l’esprit du Maïdan

Culture
7 février 2026, 20:02

« L’Ukraine n’aurait pas dû avoir la capacité de faire face » (Colin Lebedev).

Dans son essai Ukraine : la force des faibles, paru en juin 2025 aux éditions du Seuil (la collection Libelle), Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, s’interroge sur les ressorts de la résistance inattendue des Ukrainiens face à l’invasion russe à grande échelle en 2022. Hormis l’aide des alliés occidentaux en renseignement et en armement, ayant permis de réduire l’asymétrie militaire avec l’envahisseur, qu’est-ce qui a rendu cette résistance possible? Pour l’auteure, la réponse est paradoxale, reflétée dans le titre de l’ouvrage : « c’est de ses faiblesses que l’Ukraine a su, le moment venu, tirer sa plus grande force » (15-6).

Les contours individuels de la résistance collective se dessinent dès le premier jour, lorsque plusieurs Ukrainiens se posent cette question : « quelle sera ma place dans cette guerre que nous devons combattre? » (12). La réponse est vite trouvée, et, en l’espace de quelques jours, la société se réorganise en vue d’un effort de guerre, en déjouant les calculs des experts les plus chevronnés. Or, ce qui a permis à l’Ukraine de s’unir pour faire face à la guerre, selon la sociologue, ce sont les changements opérés imperceptiblement dans la société ukrainienne durant les huit années de la guerre limitée dans le Donbass, de 2014 à 2022. Plus précisément, ce sont les savoir-faire, les structures et les réseaux construits durant cette période, qui ont permis de gagner du temps en 2022. Colin Lebedev écrit :

« Si la société s’est militarisée, c’est aussi que la conduite de la guerre s’est civilianisée [sic]. Ces transformations sociales, souvent à petite échelle, façonnant un tissu de la défense au-delà des forces armées, sont souvent passées sous nos radars. Elles ont probablement aussi échappé au Kremlin qui n’avait pas anticipé la capacité de l’Ukraine – État et société – à résister à une invasion armée ». (34)

Lire aussi:   Le premier Maïdan : la « Révolution sur le granit », c’était il y a 35 ans  

En quoi au juste consistent ces changements? Quelles faiblesses sont devenues des forces et comment? Selon la chercheuse, la transformation – de l’État, de l’armée, et des citoyens – s’est opérée de manière suivante :

« La méfiance à l’égard de l’État a été un moteur puissant d’engagement citoyen, parce que les Ukrainiens étaient certains que leur État seul n’était pas capable de faire face à la menace russe. La déliquescence des forces armées a eu le même effet : puisque l’armée régulière n’était pas en mesure de défendre le pays, ce sont les civils qui ont fait armée, apportant dans la guerre des compétences et une ingéniosité nouvelle. Enfin, l’individualisme tant décrié s’est mué en autonomie, en capacité des citoyens à s’organiser, à prendre des initiatives, à utiliser le meilleur de cette débrouillardise qui était pour eux un art de vivre ». (16)

Dans son livre, la politologue et sociologue Anna Colin Lebedev soutient l’idée selon laquelle le tissu de la défense ukrainienne a été façonné par les transformations sociales de l’Ukraine dans les huit années post-Maïdan.

Une armée de civils

D’abord, en 2014, le recrutement s’organise grâce à l’afflux de volontaires – hommes d’âge variable et de professions différentes (enseignants, mécaniciens, cadres, etc.) –, propulsés sur le front, parfois sans formalités administratives, souvent sans aucun entraînement, en tant que membres de bataillons autogérés, autorisés par l’État qui n’avait pas la capacité de déployer des forces armées adéquates. Si la majorité de ces bataillons ont été rapidement intégrés dans l’armée ukrainienne, ils ont marqué cette dernière par la manière civile de concevoir la défense du pays dans les années qui ont suivi. « S’engager au combat », poursuit Colin Lebedev, « ne signifiait pas tant obéir aux ordres de l’armée et se mettre au service de l’institution militaire qui décidait seule où placer chaque recrue, que de trouver, voire de définir sa propre place dans la défense du pays » (23).

« L’État, c’est nous » : les citoyens engagés face à un État défaillant

Ensuite, la certitude, largement partagée par les Ukrainiens, que leur État, corrompu et infiltré par l’ennemi, ne serait pas en mesure d’organiser la défense du pays, les a forcés à prendre le relais dans une multitude de petites tâches, ce qui a permis de construire le « tissu social de la défense » (30) : livrer l’eau potable au front, réparer un véhicule destiné à l’armée, faire venir un instructeur étranger par son réseau de connaissances, etc. Cette attitude ambivalente des citoyens ukrainiens envers leur État – critique d’une part, investissement fort pour le bien commun de l’autre – s’est reflétée dans la formule récurrente « L’État, c’est nous » (26, 28).

En effet, dès 2014, l’armée devient un noyau autour duquel gravite un ensemble d’initiatives citoyennes, qui non seulement comblent la déficience militaire de l’État, mais aussi contrôlent ce dernier, l’incitent à se réformer et à se consolider de l’intérieur. De nombreuses petites associations, créées dans le sillage du Maïdan, délimitent rapidement leur domaine de compétence et deviennent d’importants acteurs dans les domaines politique et militaire. C’est le cas de la fondation Come back alive (approvisionnement en équipement militaire), de l’association paramédicale Les hospitaliers (livraison de fournitures médicales et évacuation des blessés de la zone des combats), ou encore, de l’association de soutien aux combattants et aux vétérans Veteran Hub, devenue un grand réseau d’organisations avec des projets innovants.

L’organisation Les hospitaliers se spécialise dans la collecte des fonds pour fournir l’aide médicale dans les zones de combat. Tyzhden s’est récemment entretenu avec la secouriste militaire bénévole Yulia Sidorova, à l’occasion de la sortie du film « Cuba et Alaska », dont elle est l’une des héroïnes (Cuba).

Lire aussi:   « Malheureusement, l’Europe n’est pas prête pour la guerre qui pourrait lui arriver »  

L’individu autonome au cœur d’une nouvelle dynamique sociale

Mais ce n’est pas tout, puisque cette dynamique des relations entre les forces armées, l’État ukrainien et les citoyens, mise en place depuis 2014, a progressivement amené des changements dans le mode de fonctionnement de chacun des trois acteurs. Si l’armée s’est aguerrie, professionnalisée et modernisée grâce à l’afflux de civils, dont l’expérience et les pratiques ont favorisé les réformes dans le domaine militaire, la vie civile – inversement – s’est imprégnée des questions liées à la défense, jugées trop importantes pour être laissées aux seuls militaires. Il en va de même pour l’État, dont les citoyens engagés, civils comme militaires, cherchaient à promouvoir des réformes, en tenant compte des besoins de tous.

Dans cette dynamique tripartite, Colin Lebedev souligne le caractère décentralisé de l’infrastructure de la défense, laissant un espace à l’autonomie des acteurs et s’ajustant aux compétences de chaque acteur individuel : il s’agit de s’engager, en choisissant soi-même les modalités et le domaine de son engagement (concevoir des drones dans un atelier de fortune, faire du pain pour le front, ou développer une application pour smartphone alertant sur les bombardements), et ce, sans aucune commande étatique ou financement public. Puisque la puissance du nombre ne peut pas être de leur côté, les Ukrainiens doivent repenser la défense de leur pays et l’obligation militaire, en cherchant les ressources là où elles sont : au sein même du tissu social, profondément modifié dans la période après-Maïdan.

L’« esprit du Maїdan »

L’événement Maïdan

En effet, le canevas (pour rester dans la métaphore du tissage) du nouveau « tissu social » dont parle Colin Lebedev a lui-même été établi pendant la révolution ukrainienne de Maïdan (2013-2014) : un événement historique majeur, dont l’importance globale n’a pas été mesurée à sa juste valeur, selon le philosophe Anatoliy Akhutin (Guerre et Intellect, Dukh i Litera, 2023, 126-7). Or, la grande guerre de libération menée par l’Ukraine aujourd’hui est une « suite naturelle » du Maïdan, comme le soulignent les auteurs du Dictionnaire européen des philosophies : Contexte ukrainien (DEPh; Dukh et Litera, t. 5, 2024, 247; article « Maïdan »). Il me paraît donc important de revenir sur cet événement capital, qui s’est soldé par l’effondrement du régime et la fuite en Russie du président corrompu Viktor Ianoukovytch, en février 2014.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un événement? Selon Hannah Arendt, un événement se comprend dans ce qu’il a d’original, dans ce qu’il inaugure, donc dans ce qu’il rend possible (cf. Dictionnaire de philosophie, dir. J.-P. Zarader, 2014). Un événement, lit-on ailleurs, « rompt le cours du temps et reconfigure son ordre » (Dictionnaire des concepts philosophiques, dir. M. Blay, 2013). Dans cette optique, le Maïdan ukrainien fut bel et bien un événement originaire, qui a marqué la « création » collective d’un monde (nouveau), fondé sur le principe de dignité humaine (Akhutin, 126-127, 134). « L’Euromaïdan a créé une nouvelle dimension en termes de conscience citoyenne et de création de l’État », affirme dans un entretien Andriy Parubiy (cité dans Alain Guillemoles, Ukraine : le réveil d’une nation, 2015, 171), l’un de ses commandants, assassiné en Ukraine l’année dernière.

Plus concrètement, pour ses participants, le Maïdan fut le point de départ des transformations : il a « à jamais changé la psyché ukrainienne, l’a rendue capable de renverser l’atmosphère mortifère que donne un pouvoir absolu » (le philosophe Myroslav Popovych); il fut une « découverte de soi-même » (l’écrivain Mykhailo Slaboshpytskyi). « C’est la volonté des gens de vivre selon de nouvelles règles qui a modifié leur identité », écrit le député Yuriy Derevyanko (voir ces témoignages dans DEPh). En d’autres termes, le Maïdan est perçu par les Ukrainiens comme un événement historique déterminant, la cause des changements dans la conscience individuelle et le moteur des transformations sociales. Si la dignité humaine est son principe fondateur (il est aussi appelé Révolution de la dignité), on parle souvent de l’« esprit du Maïdan », qui s’exprime dans l’ensemble des valeurs dites « européennes », qui imprègnent par ailleurs les structures et les relations décrites par Colin Lebedev. Les chercheurs réunissent ces valeurs dans trois groupes dominants : 1) autodétermination (liberté, autonomie, etc.); 2) bienveillance (intégrité, empathie, responsabilité, etc.); 3) universalisme (sagesse, justice, égalité, paix, tolérance, écologie). (DEPh 240, 242, 244).

Lire aussi: Les fusillades sur Maïdan: la longue nuit de 2014 à 2024  

Le Maïdan-Sitch : un archétype cosaque

Or, le Maïdan fut aussi un événement spécifiquement ukrainien, né de la révolte contre toute forme de tyrannie ou d’abus de pouvoir, et configuré à même la situation géographique de la place kyïvienne, en contrebas des bâtiments étatiques. Selon Rostyslav Semkiv, professeur associé à l’Université Mohyla à Kyïv, le Maïdan fonde « une source de pouvoir alternative et égalitaire » et reconfigure par là même « la manière de communiquer entre le pouvoir et la société », en mettant au centre de cette nouvelle forme de rapport la confiance et l’auto-organisation (DEPh 237-41). C’est là que réside la rupture radicale que l’événement Maïdan a opéré « dans le cours du temps », à savoir : une rupture avec le monde soviétique moribond, ses pratiques autoritaires, sa corruption. « On ne va pas quitter le Maïdan tant que la vie ne sera pas organisée autrement », déclare un volontaire (Guillemoles 115). C’est cette rupture-là, et cette nouvelle conscience historique, née sur le Maïdan, qui ont rendu possible la résistance de l’Ukraine à l’invasion russe, en 2014 comme en 2022.

Devenu, après les premières pertes humaines en janvier 2014, le Maïdan-Sitch – en référence aux peuplements des cosaques Zaporogues – le Maïdan se dote d’une structure quasi-militaire : barricades, auto-défense, règles claires et partage des devoirs (Guillemoles 35-9). Son trait essentiel, archétypal, est une auto-organisation « spontanée » et une coordination des actions communes, reflétées dans la métaphore de fourmilière en constant mouvement, où chacun est attelé à faire ce qu’il doit, tout en visant le bien commun. Le Maïdan se caractérise par un « fonctionnement horizontal », « sans hiérarchie ». Et pourtant, il est en même temps une UNITÉ autour de l’idée nationale, ses actions étant efficaces précisément parce qu’elles sont « le résultat d’une réunion d’un grand nombre d’initiatives des hommes et des femmes libres » (DEPh). Le cardinal Liubomyr Gouzar observe : « Le Maïdan se manifestait comme une entité. Même quand il y avait cent mille personnes, lorsqu’elles réagissaient ou chantaient, elles se sentaient comme si elles étaient un tout ». (DEPh 243)

Graffiti rue Grouchevskyi, Kyïv 2013, site Hmarochos. L’idée de l’unité nationale était au cœur du Maïdan. On voit sur ces images trois grands poètes nationaux : Tarass Chevtchenko, Lessya Oukraïnka, et Ivan Franko, représentés avec les attributs du Maïdan (masque de gaz, casque orange de construction, cocktails Molotov) et les paroles tirées de leurs œuvres. Au centre, le portrait de Lessya Oukraïnka et ses vers : « Sera libre celui qui se libère soi-même ».

Le Maïdan dans le miroir déformant de la propagande russe

Il n’est donc pas étonnant que le Maïdan, et, plus précisément, ce qu’il incarne pour les Ukrainiens : la LIBERTÉ et l’UNITÉ de prime abord, est une hantise pour la Russie, car c’est surtout l’unité, à l’intérieur de l’Ukraine (peuple, armée, État) comme à l’extérieur (l’Europe et le monde démocratique), qui assurera la victoire l’Ukraine dans la lutte existentielle pour sa libération. Les tyrans l’on bien compris également : s’ils s’efforcent d’assurer l’unité de leurs propres États, en les fédérant autour de leur personne et en agrégeant autour d’eux des régimes semblables, ils cherchent aussi, inlassablement, à ruiner l’unité de leurs ennemis. En effet, comme l’a récemment révélé SPRAVDI (Centre ukrainien des communications stratégiques), la Russie dépense actuellement environ 5 milliards de dollars par an dans des opérations de désinformation, en Ukraine et dans les pays européens en particulier, visant à discréditer l’armée et l’État ukrainiens, à réduire le soutien des alliées, et plus généralement, à semer le chaos à l’échelle mondiale. Ce fut, par ailleurs, déjà le cas à l’époque du Maïdan.

En effet, le mot Maïdan lui-même, reconnu le néologisme de l’année 2013 en Russie, s’y teinte rapidement de nuances péjoratives, tout en restant largement incompréhensible, en tant que phénomène, pour les usagers du Nord. On y recense notamment maïdanés pour dire « fous » ou « irrationnels », maïdowns pour désigner les manifestants de la place kyïvienne, ou encore, maïdan du cerveau pour signifier un certain état d’esprit. Dans le discours de la propagande russe – dont la principale « figure de style » consiste à accuser les autres de ce que l’État russe fait lui-même –, le Maïdan, décrit en termes d’un « coup d’État made in USA », est souvent associé au « terreur politique », à la « violation des droits de l’homme », aux « provocations », à l’« ingérence étrangère » (DEPh 240-1).

Lire aussi:   De Maidan à la Grande Guerre  

Or, derrière ces narratifs fictifs et mensongers, se cache une peur réelle du régime russe, trahie par son propre slogan destiné à l’usage interne : « Si tu prépares le Maïdan, tu iras à Magadan », synonyme du goulag. Même dans les récits des Russes résidant en Europe, venus humer l’odeur de révolution en 2014, le mot Maïdan connote (volontairement?) le « désordre », comme par exemple chez ce journaliste de Radio liberté, admiratif du « chaos révolutionnaire » du Maïdan, son « anarchie », son « énergie occulte », sa « majestueuse délinquance », enfin, « la destruction de l’environnement urbain bourgeois » qu’il opère (Dmitrii Voltchek).

Cette image représente le tableau le plus célèbre du Maïdan, « Les yeux » (« Je vois tes actes, homme! », 2001) de l’artiste ukrainien Oleksandr Melnyk. Ces « yeux » accompagnaient les manifestants pendant les trois phases de l’événement, que les sociologues décrivent comme Maïdan-manifestation, Maïdan-camp, et Maïdan-Sitch (Dictionnaire ukrainien des philosophies : Contexte ukrainien, Dukh i Litera, t. 5, 2024, 242).

Mais les publics étrangers sont aussi dans le viseur de l’armée informationnelle de l’État russe, qui s’applique, en particulier dans les pays alliés ou neutres, à former une opinion publique hostile à l’Ukraine et à affaiblir leur soutien de l’Ukraine. Ainsi, au lendemain du Maïdan, apparaissent, notamment en français, les ouvrages tels que Ukraine à fragmentation, publié au Québec (Frederick Lavoie, 2015) ou Ukraine: Pourquoi la France s’est trompée (Xavier Moreau, 2015), pétris d’une rhétorique en apparence neutre ou ouvertement anti-ukrainienne (coup d’État, fascistes, chaos), directement alignée sur le grand discours de Poutine en mars 2014 (sur ce discours voir Guillemoles, 157-163).

Dans ces livres, conçus pour désorienter les lecteurs occidentaux, le Maïdan est décrit comme un « coup d’État » orchestré par Washington et comme la cause principale de la « guerre  civile » en Ukraine (obscurcissant sa vraie cause : l’impérialisme russe); l’Ukraine et la langue ukrainienne sont caractérisées comme « constructions artificielles » ou « projets » : polonais, allemand, autrichien, soviétique, ou américain; la « fragmentation » de l’Ukraine y est jugée imminente. Dans le contexte de la guerre informationnelle actuelle, menée par l’État russe contre l’Europe, de tels ouvrages sont d’autant plus insidieux qu’ils se veulent des reportages du journalisme « indépendant » (Lavoie).

Les mots d’ordre sont donc vigilance et vérité, sous le signe desquelles fut aussi placé le Maïdan, comme l’a bien formulé l’un de ses participants : « C’est Dieu qui a réveillé notre esprit. Ce n’était pas notre acte, nous ne l’avons pas planifié. […] Nous nous sommes rassemblés au même endroit, avec le même but, celui d’arriver à la vérité. Nous demandons de rétablir et de maintenir la vérité ». (DEPh 246). C’est par ailleurs avec ce même but qu’à été créée, récemment, la French Response, un compte X du Ministère des affaires étrangères, déboulonnant, avec punch, les récits de la mythologie russe, entre autres. L’humour, lui aussi, est une force des faibles. Oh, wait…