Alla Lazaréva Rédactrice en chef adjointe, correspondente à Paris du journal Tyzhden

« Malheureusement, l’Europe n’est pas prête pour la guerre qui pourrait lui arriver »

Guerre
3 février 2026, 20:28

Yulia Sidorova, nom de guerre Cuba, est secouriste militaire et héroïne du documentaire de Yegor Troyanovsky « Cuba et Alaska », diffusé en salle à Paris et disponible sur Arte jusqu’au 1er août 2026. Créatrice de mode dans la vie civile, elle sauve des vies au front depuis 2014. Dans une interview accordée à Tyzhden, Cuba raconte comment est née l’idée du film, ce qui est plus fort que l’amitié et s’il y a une raison d’espérer une paix rapide.

– Cuba, parlez-nous de vous avant la guerre, c’est-à-dire avant 2014. Vous étiez créatrice de mode, n’est-ce pas ?

– Jusqu’en 2014, je participais à des festivals de musique, où je dansais professionnellement et créais des costumes et des décors de scène. Pas seulement pour moi, même si j’ai commencé par le faire pour moi-même. Puis, quand je suis revenue du front en 2019, j’ai décidé de me lancer plus professionnellement dans la création de vêtements. Et oui, ma vie était vraiment liée à la créativité. Rien ne laissait présager que je rejoindrais un jour l’armée.

– Vous n’avez pas étudié la médecine avant la guerre ? Une fois sur place, vous avez rejoint les « Hospitaliers », n’est-ce pas ?

– Oui. En réalité, la médecine militaire est très différente de la médecine civile. Même dans le cas de blessures identiques, les soins apportés à un civil lorsqu’il est rapidement transporté sur une table d’opération, diffèrent de ce qu’il faut réellement faire sur le champ de bataille. C’est pourquoi j’ai étudié les protocoles TCCC [pour Tactical Combat Casualty Care – Soins aux blessés en situation de combat, ndlr], qui sont des protocoles internationaux utilisés dans les armées de l’OTAN. Et ensuite, de manière plus approfondie, j’ai appris avec Denis Nikolaïevitch Surkov, le docteur en médecine ukrainien qui a rédigé le protocole Medevac. Il est plus complexe, notamment en ce qui concerne l’intubation trachéale, le drainage pleural, le travail avec un appareil de ventilation mécanique… Il a rédigé ce cours en se basant sur le fait que les premiers secours étaient prodigués précisément selon ces protocoles de l’OTAN. En réalité, peu de gens en Ukraine connaissent bien la médecine militaire. C’est pourquoi nous avons certains problèmes dans l’armée.

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En effet, il existe des exigences en matière de formation médicale classique, par exemple pour les dentistes ou les psychiatres. Mais si on nomme un dentiste chef médical d’un bataillon d’assaut, il ne sait pas quoi faire, car sa formation ne lui a apporté ni les compétences nécessaires en médecine tactique, ni les connaissances requises en matière de traumatismes de guerre. Mais si une personne est volontaire, il ne lui faudra pas autant de temps pour apprendre la médecine militaire que pour devenir un dentiste classique, par exemple.

J’ai donc étudié la médecine en cours de route, à partir de 2014. J’ai rejoint les « Hospitaliers » [association de secouristes bénévoles ukrainiens créée en 2014 suite à l’annexion de la Crimée par la Russie – ndlr]. J’y suis restée jusqu’en 2017, puis Da Vinci, nom de guerre du héros ukrainien décédé Dmytro Kotsyubailo, nous a proposé, à Alina Mikhailova et moi-même, de créer un service médical. J’y ai travaillé pendant deux ans, puis je suis revenue à la vie civile, jusqu’à l’invasion à grande échelle. Et tant que je n’étais pas en guerre, je me suis occupée de création de vêtements et j’ai même réussi à défiler à la Fashion Week ukrainienne. En fait, mon défilé a eu lieu le 6 février 2022, et deux semaines plus tard, la grande guerre a commencé.

– Vous avez également présenté une collection à Paris ?

– Oui, c’était en avril 2023, au Centre culturel ukrainien. Tout s’est plutôt bien passé, à mon avis. Ce fut notre dernier défilé, maintenant il n’y a plus rien dans ce domaine. Je me suis davantage plongée dans les affaires de la guerre.

– Est-ce difficile de passer aussi brusquement de la guerre à la vie civile pendant les permissions, puis de retourner à la guerre ?

– Si c’est difficile ? Je ne sais pas. C’est juste que tu vois comment les gens vivent et tu comprends que, en fait, dans le reste de cette même Europe, les gens vivent sans comprendre que, dans un avenir proche, une guerre exactement comme celle-ci pourrait éclater aussi. C’est mon sentiment intérieur et ma compréhension de la direction dans laquelle avance la Russie. Elle ne travaille que pour renforcer sa puissance militaire, et non pour aller vers la paix.

– Avez-vous fait connaissance avec Alaska au front ou vous connaissiez-vous déjà auparavant ?

– Non, nous nous sommes rencontrées avant. En fait, elle est venue me rendre visite un jour avec une amie commune. C’était justement à une période où je n’étais pas à la guerre. Nous avons discuté, sans plus. Nous étions des connaissances, nous nous étions vues plusieurs fois. Mais quand la guerre a éclaté, comme Alaska avait une formation médicale et avait décidé de s’engager dans l’armée, elle a cherché où elle pouvait aller. Elle a pensé à moi et a décidé qu’elle voulait être avec moi. Elle m’a appelée et m’a demandé : « Tu as besoin d’un médecin ? » J’ai répondu : « Eh bien, on a toujours besoin de médecins. Il n’y en a jamais assez ». Et elle m’a dit : « Emmène-moi avec toi à la guerre ».

C’est ainsi qu’elle est venue nous voir à notre bureau, où nous venions tout juste d’ouvrir une antenne du mouvement VETERANKA [association d’aide aux femmes ukrainiennes engagées dans la guerre – ndlr]. Le mouvement lui-même existait depuis longtemps, mais ses activités visant à soutenir l’armée ont commencé dès le début de l’invasion à grande échelle. Ce bureau est devenu multifonctionnel, sa vocation a changé en fonction des besoins, car nos domaines d’activité ont également commencé à évoluer. Des drones, des caméras thermiques sont apparus… Les drones étaient fabriqués directement dans notre bureau.

Aujourd’hui, notre activité n’est plus axée sur les collections de mode, nous cousons des uniformes militaires pour femmes. Notre aide est destinée principalement aux femmes, mais les hommes reçoivent également beaucoup d’aide de notre part, car ils sont de fait plus nombreux dans l’armée. Quand j’ai vu que le processus de travail était bien rodé et que je n’avais plus besoin d’être là pour que tout fonctionne, nous sommes parties en mai 2022 dans la région de Kharkiv, avec Alaska et Artiste, qui apparaît également dans le film. Nous sommes parties pour nous occuper de l’évacuation.

– Vous êtes originaire de Kharkiv ?

– Oui.

– Il y a quelques scènes avec votre mère dans le film. Elle vous soutient dans votre décision d’être tout le temps en première ligne ?

– Il est clair qu’elle s’inquiète, car quelle mère ne s’inquiéterait pas pour son enfant au front ? Mais elle essaie de me soutenir. Bien sûr, elle ne voulait pas que je retourne à la guerre. Elle avait des arguments : tu as déjà fait beaucoup, laisse quelqu’un d’autre prendre le relais. Mais j’avais mes propres arguments : j’avais déjà de l’expérience, des connaissances. Je comprends ce qu’il faut faire dans certaines circonstances, alors que la plupart des gens qui s’engagent actuellement dans l’armée, que ce soit avant ou maintenant, n’ont toujours pas compris qu’il fallait se préparer. Ce que je veux dire, c’est que je peux enseigner, diriger. Je sais certaines choses qui permettront à beaucoup de gens de survivre en transmettant certaines de mes compétences et connaissances. Ma mère était contre, mais me connaissant, sachant qu’elle ne peut pas m’influencer, elle accepte cette situation et essaie toujours de me soutenir.

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– Vous êtes l’enfant unique de votre mère ?

– Non, j’ai aussi un frère, mais je ne communique pas beaucoup avec lui, pour être honnête.

–  Et avec vos amis d’enfance, vos camarades de classe, d’université, après votre départ à la guerre, vos relations ont-elles changé ?

– À l’époque où je suis partie à la guerre, en 2014, je n’avais aucune amitié datant de l’enfance. J’ai peut-être une seule amie de longue date, qui vit en Allemagne. Elle y est depuis très longtemps. Nous sommes amies, mais pas depuis l’enfance. Les relations ont-elles changé ? Oui, beaucoup de ceux qui me disaient autrefois : « Pourquoi es-tu passée à l’ukrainien ? », car auparavant je communiquais en russe, me disent maintenant : « Tu avais raison ! » Maintenant, eux aussi sont passés à l’ukrainien, depuis 2022. C’est comme s’ils avaient ouvert les yeux. Mais quand une personne n’a pas d’expérience du combat, elle reste différente. Vous pouvez être ami avec elle, mais tout ce que vous voulez lui transmettre, ce que vous ressentez, votre vision du monde, elle ne le verra jamais de la même manière, simplement parce qu’elle n’a pas cette expérience particulière. En conséquence, les relations changent avec tous ceux qui ne sont pas impliqués dans la guerre et ne la connaissent pas.

Même si je suis revenue à la vie civile en 2019, puis repartie à la guerre en 2022, j’ai quand même l’impression d’avoir passé plus de temps à faire la guerre qu’à vivre une vie civile. Parce que trois ans de pause, ce n’est rien comparé à ce qui reste dans ma mémoire. Et là-bas, c’est la guerre, la guerre, la guerre. Je ne me souviens pas vraiment de la vie sans guerre. Et le mouvement des femmes vétérans, c’est quand même une aide pour celles qui font la guerre. Il a été créé par des femmes ayant une expérience de vétéran.

– Au cours de ces presque 12 années de guerre, dans quelle mesure la situation des femmes dans l’armée a-t-elle changé ?

– Beaucoup de choses ont changé en réalité. Il y a 12 ans, le mouvement des femmes vétérans a plaidé en faveur de postes de combat dans l’armée, car en 2014, ils étaient inaccessibles aux femmes. Comment dire, inaccessibles ? Il y avait bien des femmes qui accomplissaient des missions de combat, comme des tireuses d’élite, des infirmières de combat… Mais d’après leurs papiers, elles étaient officiellement cuisinières ou magasinières. C’était injuste, c’est pourquoi le mouvement des femmes vétérans a obtenu le droit officiel d’occuper des postes de combat. Eh bien, chaque femme dans l’armée a déjà gagné son autorité, car c’est vraiment une histoire à part entière.

L’armée est un monde créé, comme je le dis, par des hommes pour des hommes. C’est pourquoi souvent ils ne comprennent pas pourquoi il nous faut des uniformes militaires pour femmes, par exemple. Mais il ne s’agit pas seulement d’une question de coupe différente : les femmes ont des hanches et une poitrine différentes… Il s’agit du fait que lorsque vous êtes en situation de combat, vous devez être à l’aise. Et bien que le confort soit primordial, il s’agit également de dignité. D’égalité des droits. Mais je ne défends pas seulement les femmes. Je dis toujours qu’il devrait y avoir une mobilisation des femmes dans l’armée. Les femmes devraient être mobilisées au même titre que les hommes, si nous parlons d’égalité.

Compte tenu de l’ampleur des changements intervenus dans la guerre, qui est devenue beaucoup plus technologique, les femmes sont même plus douées que les hommes pour piloter des drones, car elles ont une meilleure motricité fine. Toutes les questions telles que « comment va-t-elle lancer une mine de 120 mm ?», « comment va-t-elle pouvoir soulever des choses lourdes ? » ou « va-t-elle pouvoir ouvrir une trappe dans un char ? », ne sont donc plus d’actualité. Aujourd’hui, le nombre de postes et de tâches qu’une femme peut accomplir parfois mieux, ou tout aussi bien qu’un homme, s’est élargi.

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L’Ukraine sert actuellement de bouclier à toute l’Europe. Malheureusement, toute l’Europe ne le comprend pas. Je me suis récemment rendue à Paris dans le cadre du projet Stabnet. J’étais accompagnée de deux femmes, également militaires, l’une étant commandante adjointe de brigade, l’autre médecin-chef. Nous avons donné une interview à Paris Match, expliqué les menaces actuelles qui pèsent sur l’Europe, puis nous avons lu les commentaires. « Propagande, propagande… », écrivent les lecteurs français. Malheureusement, l’Europe n’est pas prête à affronter ce qui pourrait lui arriver et ne nous sera jamais reconnaissante de la protéger ici.

— Selon cette logique, cela signifie-t-il que tôt ou tard, l’Ukraine sera contrainte de mobiliser les femmes ?

— Je pense que nous en arriverons là. Peut-être pas dans les mêmes conditions que pour les hommes. Je pense que c’est logique et tout à fait normal.

Ce que je voulais ajouter : la guerre et le service dans les forces armées, ce n’est pas seulement des exploits constants, même si parfois on ne peut pas s’en passer, mais c’est avant tout un travail quotidien difficile. Ce que j’aime dans le film « Cuba et Alaska », c’est qu’il met en lumière la vie quotidienne. Il ne s’agit pas seulement de tuer ou de sauver quelqu’un 24 heures sur 24. Pour que ce processus soit bien rodé, il faut de la formation et des gestes quotidiens et constants. Ce sont souvent ces gestes qui permettent d’éviter les exploits qui mettent la vie en danger.

– Une paix réelle, stable et durable. Comment l’imaginez-vous ?

– Pour l’instant, je ne vois pas les conditions pour une telle paix. Plus la guerre s’éternise, plus elle va durer longtemps. Quand on a laissé les Russes s’installer dans le Donbass, on a en quelque sorte accepté que la guerre allait durer longtemps. Car l’offensive est une chose, mais c’en est une autre lorsqu’il s’agit de se défendre sur des positions préparées. Plus les Russes s’emparent de territoires, plus ils peuvent tenir longtemps. Plus ils se rapprochent de l’Europe, plus il y a de chances que la guerre éclate également en Europe.

Il serait donc logique que les pays européens ne se contentent pas d’observer et d’apporter une aide matérielle, mais qu’ils entrent en guerre tant qu’ils en ont la possibilité sur notre territoire, afin d’acquérir une expérience du combat, non pas théorique, mais pratique, dès maintenant. Ils auraient alors plus de chances d’éviter une guerre mondiale. Malheureusement, les sociétés européennes n’en sont pas vraiment conscientes. J’ai eu des réunions en France, je sais donc que les dirigeants militaires comprennent que tout peut arriver. Mais la société ne croit pas à la possibilité d’une guerre sur son territoire. La propagande russe a trop endormi les gens.

– Avec Alaska, vous êtes actuellement dans des unités différentes ?

– Oui. Elle est dans la Garde nationale ukrainienne, nous servons dans des endroits différents. Et je suis maintenant dans une nouvelle ville aussi, dans la 39e brigade de défense côtière, j’ai été mutée et j’ai récupéré mes hommes là où ils étaient restés. Et j’ai ici Carabine, qui est aussi dans le film, et Artiste… Nous allons maintenant recevoir des complexes robotisés terrestres pour l’évacuation des blessés, et je vais préparer l’équipage, mon équipe s’agrandit. L’évacuation elle-même devient plus compliquée avec le temps, donc le nombre de personnes nécessaires pour cela augmente. Nous essayons de nous soutenir les unes les autres, nous communiquons constamment avec Alaska, quel que soit notre lieu de service.

– C’est une fraternité de combat, ou plutôt une sororité, on peut dire ?

– Oui. C’est certainement plus que de l’amitié. En général, pour qu’une personne devienne votre ami, il faut beaucoup de temps. Il y a une question de confiance, une question d’intérêts communs ou autre chose. Mais le processus se déroule beaucoup plus rapidement quand une personne devient votre frère ou votre sœur d’armes, même si êtes si différents que dans la réalité, dans la vie civile, sans guerre, vous ne vous seriez jamais rencontrés, rien ne vous aurait réunis. Lorsque vous comprenez que vous pouvez confier votre vie à cette personne, que vous êtes sûr que cette personne contrôle un processus important, ou une station de radio, afin de ne rien manquer d’important, surtout lorsque vous êtes responsable de vies humaines, alors ce n’est plus un processus comme celui de l’amitié, tout peut venir très vite. C’est ce qui s’est passé avec Alaska.

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– Le film « Cuba et Alaska » est original, notamment parce qu’une partie du matériel documentaire a été filmé par vous-mêmes, avec des caméras et des téléphones. Quel pourcentage approximatif des images a été respectivement filmé par Yegor Troyanovsky, et par vous et Alaska ?

– Je n’ai pas compté, mais je pense que c’est environ 50/50.

– Comment la présence constante de la caméra a-t-elle influencé le tournage ? Elle ne vous a pas gênées, elle ne vous a pas obligées à vous autocensurer ?

– Comment dire ? Il fallait y penser tout le temps. La productrice et le réalisateur essayaient constamment de nous rappeler, à Alaska et à moi, de filmer davantage. Même si nous avons très peu filmé, nous avons finalement réussi à faire un film.

– Et le téléphone joue également un rôle important dans le film ?

– Le téléphone était également utilisé de temps en temps. En fait, c’est Alaska qui a commencé le tournage du film ! Sur ces images, au début du film, où nous sommes parties face à un char russe, avec notre équipe, et où nous nous cachons de ce char derrière un arrêt de bus, nous avons pensé que nous avions 100 % de chances d’être tuées parce que là, il y avait le char, et en face, il y avait nous. Alaska a commencé à filmer une vidéo d’adieu, pensant que ce téléphone serait peut-être retrouvé par quelqu’un et que nos derniers mots seraient vus et entendus. Puis cette vidéo est devenue virale, et cela a été le point de départ du film.

– Que pensez-vous du cessez-le-feu promu par Trump ? Dans quelle mesure les conditions objectives sont-elles réunies pour un cessez-le-feu ?

– Elle ne sont pas réunies du tout. De plus, cela crée une menace encore plus grande pour nous, car nous avons vu comment, au début de l’invasion à grande échelle de 2022, les troupes russes sont entrées et ce qui s’est passé dans les villes et les villages qui ont ensuite été libérés. Ces fosses communes, ces civils pillés et violés… Toutes ces discussions sur un accord de paix m’amènent à conclure que si nous nous permettons de nous relâcher, tout finira encore plus mal, avec encore plus de pertes, de morts et de destructions que ce que nous avons actuellement. C’est-à-dire que pour moi, c’est encore pire. Je ne veux même pas y penser.