Igor Stambol Historien et écrivain, chercheur sur le mouvement national ukrainien du XIXe siècle

La paix de Riga de 1921 : un traité conclu dans le dos des Ukrainiens

Histoire
21 octobre 2026, 12:34

105 ans se sont écoulés depuis l’accord de Riga qui a mis fin à la tentative des Ukrainiens de se libérer, par un front ouvert, de l’occupation moscovite et bolchevique. À l’époque, les Polonais avaient conclu un accord de paix et de partage des territoires avec les communistes moscovites et leurs marionnettes « ukrainiennes », sans inviter à la table des négociations leur allié officiel tout juste désigné : le gouvernement de la République populaire d’Ukraine. Ces événements constituent une leçon importante non seulement pour l’histoire, mais aussi pour le présent. Car à l’époque, comme aujourd’hui, chacun cherche avant tout à défendre ses propres intérêts.

À propos de l’Ukraine, mais sans les Ukrainiens

Ce qui s’est passé fut la conséquence d’événements antérieurs, qui s’étaient avérés assez tendus pour toutes les parties. Le monde reprenait à peine son souffle après la Première Guerre mondiale.

L’accord de Varsovie. En avril 1920, le dirigeant de la République populaire d’Ukraine (UNR), Symon Petlioura, et son gouvernement, se lancèrent dans une tentative désespérée de poursuivre la lutte contre les occupants bolcheviques de Moscou, tout en aspirant à la paix et à la coopération avec la Pologne, dont la souveraineté venait d’être restaurée. Le chef des Polonais, Józef Piłsudski, était prêt à unir ses forces contre Moscou et ses bolcheviques, mais cette alliance, dès le départ, était inégale. Le gouvernement de la ROU devait accepter des concessions territoriales — c’est-à-dire de laisser la majeure partie de l’Ukraine occidentale aux Polonais — en échange du soutien polonais à l’État ukrainien et d’une coopération militaire.

Au printemps, les troupes polono-ukrainiennes se dirigèrent vers Kyiv, mais ne parvinrent pas à tenir longtemps la ville. Elles battirent en retraite sous la pression de l’Armée rouge, qui, lors d’une avancée fulgurante, faillit s’emparer de Varsovie. La défense de la ville de Zamość, fin août 1920, a constitué un épisode marquant de cette campagne. À cette époque, les unités de l’Armée de la République populaire d’Ukraine, sous le commandement du colonel Marko Bezroutchko, ont joué un rôle clé dans l’offensive menée par les troupes du chef militaire bolchevique et figure emblématique de la cavalerie rouge, Semion Boudienny.

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Le « Miracle de la Vistule » eut lieu plus tard , lorsque les troupes polonaises et la milice repoussèrent les bolcheviks loin de la capitale. Cependant, tout le monde comprit que cette victoire n’avait été rendue possible que grâce, notamment, au « Miracle de Zamość ». Par la suite, les Polonais proposèrent au général Bezroutchko leur plus haute distinction militaire, mais celui-ci la refusa, soulignant qu’à l’époque, il se battait avant tout pour l’Ukraine.

Réunion des délégations à Riga

Après la bataille de Varsovie, les belligérants étaient épuisés par la guerre, et la perspective de la poursuivre exigeait de nouvelles ressources humaines et matérielles. Les bolcheviks, ayant perdu tout espoir de s’emparer de la Pologne, cherchaient à réorienter leurs forces offensives contre les monarchistes et la République populaire d’Ukraine (RPU) ; ils n’étaient donc pas opposés à conclure la paix avec le chef de l’État polonais, Józef Piłsudski. Les responsables politiques polonais, ayant obtenu des gains territoriaux non négligeables, cherchaient à les consolider et à obtenir une paix acceptable. Quant aux dirigeants de la République populaire d’Ukraine, qui se trouvaient en territoire étranger, ils n’eurent d’autre choix que de reprendre les combats contre les bolcheviks et d’attendre l’aide de leur allié de Varsovie.

À l’automne 1920, les Polonais, qui menaient jusque-là les négociations à Minsk, les transférèrent à Riga, où ils fixèrent non seulement un partage des territoires fatal pour les Ukrainiens, mais en fin de compte, tout aussi fatal pour Varsovie. À peine deux décennies plus tard, les bolcheviks envahissaient à nouveau la Pologne, et cette fois-ci, ils ne lui laissèrent aucune chance de s’en sortir.

Souvenirs de diplomates ukrainiens sur Riga

Volodymyr Kedrovsky, ambassadeur de la République populaire d’Ukraine (UNR) en Lettonie, en Estonie et en Finlande, qui a assisté aux négociations à Riga

C’est Volodymyr Kedrovsky, diplomate de la République populaire d’Ukraine, représentant des intérêts de celle-ci en Lettonie, en Estonie et en Finlande, et qui suivait de près le déroulement des négociations entre la Pologne et les bolcheviks, qui a le mieux rendu compte de l’atmosphère des pourparlers de Riga, et décrit l’atmosphère dans laquelle il a fallu travailler. Les journalistes étrangers s’intéressaient à l’opinion des Ukrainiens sur les négociations, retenant leur souffle pour savoir si la Pologne reconnaîtrait l’existence de l’Ukraine soviétique, tandis que la délégation de la République populaire d’Ukraine? n’avait aucune instruction précise quant à la marche à suivre.

Volodymyr Kedrovsky remarque alors que l’ambassadeur polonais en Lettonie, Václav Kamenecký, lui avait assuré que les instructions données à la délégation polonaise concernant la question ukrainienne avaient prétendument été élaborées à Varsovie en accord avec le gouvernement de la République populaire d’Ukraine. De telles déclarations donnaient l’impression que la diplomatie polonaise n’avait pas l’intention de régler la question ukrainienne à l’insu des Ukrainiens. La question des pouvoirs de la délégation « soviétique ukrainienne », c’est-à-dire de la marionnette du Kremlin, revêtait une importance capitale.

Le diplomate décrit à quel point de nombreux journalistes étrangers étaient convaincus que la Pologne ne se lancerait pas dans une telle aventure et ne trahirait pas ses alliés. Mais la réalité était tout autre : les commissions de vérification avaient achevé leurs travaux, et le chef de la délégation polonaise, Jan Dombski, annonça que les pouvoirs de la délégation de paix « soviéto-ukrainienne » avaient été jugés satisfaisants.

Ce qui fut particulièrement douloureux pour Kedrovsky, est que les représentants polonais ne se sont pas contentés de prendre une décision allant à l’encontre des attentes des Ukrainiens, mais qu’ils ont également tenté de la justifier en invoquant un prétendu accord préalable du gouvernement de l’UNR. Dans ses mémoires, le diplomate rapporte une conversation avec la délégation polonaise, qui eut lieu après qu’il eut tenté, avec Serhiy Cheloukhin — délégué par la République populaire d’Ukraine aux négociations de Riga — et d’autres représentants de la partie ukrainienne, de clarifier les circonstances de cette décision :

« Il était évident que tous les membres de la délégation polonaise s’étaient mis d’accord pour nous prouver, à l’aide de divers arguments, que les Polonais avaient agi ainsi également dans l’intérêt des dirigeants ukrainiens, car, disaient-ils, ni l’armée ni le gouvernement de la ROU n’étaient désormais en mesure de poursuivre la lutte, et qu’il fallait leur accorder un certain répit… Je ne vais pas rappeler ici les détails, peut-être que quelqu’un d’autre le fera, mais pour moi, tout ce qui s’est passé dans cette pièce était empoisonné par le mensonge, la fausseté et la volonté de jeter de la poudre aux yeux des « pauvres Ukrainiens naïfs ».

La couverture des mémoires de Volodymyr Kedrovsky

Volodymyr Kedrovsky décrit de manière très vivante les sentiments des diplomates qui se sont retrouvés dans une situation où le sort de leur État avait été décidé sans eux, et où l’on cherchait en outre à les convaincre que c’était pour le mieux pour toutes les parties :

« Nous sommes sortis de là avec un sentiment de lourdeur et une sorte de dégoût. C’était comme si nous étions parmi des gens avec lesquels il était indigne non seulement de parler de notre dignité, mais même de se croiser dans la rue. Personne n’a pu dire ouvertement et clairement : « Oui, nous avons reconnu l’Ukraine soviétique. C’est ce dont nous avons besoin. Vous n’êtes plus rien à présent et nous n’avons plus aucune raison de nous occuper de vous ! ». Mais non, chacun s’efforçait de prouver qu’ils étaient nos « amis sincères », que tout ce qui s’était passé à Riga l’avait été dans un intérêt mutuel et même avec l’accord du gouvernement de la République populaire d’Ukraine, qui se réjouissait de cet armistice. Je ne saurais même dire ce qui m’indignait le plus : l’attitude de Dombski, avec sa promesse de cessez-le-feu qui permettait aux bolcheviks, sans attendre un véritable cessez-le-feu, de concentrer leurs troupes contre l’armée de l’UNR et, sans se soucier de l’armée polonaise, de mener une contre-offensive contre l’armée de l’UNR, ou d’être indigné par ces assurances sacramentelles selon lesquelles tout ce qui se fait est fait « pour votre liberté et la nôtre ! » »

Volodymyr Kedrovsky a ajouté une note d’amertume à cette impression en évoquant la campagne d’information menée par un ancien allié : « Non seulement la Pologne a trahi son allié à Riga, mais elle a également répandu des calomnies et des mensonges afin de discréditer l’armée ukrainienne aux yeux du monde extérieur et de lui faire perdre la sympathie de ceux qui comprenaient le rôle de cette armée dans la lutte contre la Russie bolchevique et qui étaient favorables à son soutien. Les Polonais devaient salir leur allié afin d’atténuer ne serait-ce qu’un peu l’impression laissée par leur comportement traître envers cette armée, qui s’était battue vaillamment dans les champs de Podillia face à un ennemi dix fois plus nombreux ».

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Serhiy Cheloukhin, éminent juriste ukrainien envoyé de Varsovie pour participer aux négociations, ne maîtrisait pas tout à fait la situation de l’époque. En se rendant à Riga, il était convaincu que la République populaire d’Ukraine participerait aux négociations et que la Pologne ne ferait pas un geste qui reviendrait de fait à renier son alliance avec Petlioura. Il se souvenait ensuite :

« C’est ce qu’on m’avait également rapporté au sein de notre ministère des Affaires étrangères, et lorsque l’ambassadeur de Lettonie, Kedrovsky, a envoyé un télégramme depuis Riga indiquant que les Polonais reconnaissaient le gouvernement soviétique en Ukraine, se fondant sur les informations fournies par les diplomates de Varsovie, au ministère, on n’y a pas cru du tout, au point qu’on m’a écrit pour que je m’entretienne avec Kedrovsky, pour lui signifier de faire preuve de plus de rigueur dans ses rapports ».

Lettre de Cheloukhin concernant le traité de Riga, page de garde

Les mémoires d’Isaac Mazepa, chef du gouvernement de la République populaire d’Ukraine, permettent de saisir les répercussions plus larges du traité de Riga sur la scène politique ukrainienne, le gouvernement de la République populaire d’Ukraine et les militaires internés. En réalité, ce fut une catastrophe et un effondrement des espoirs que les membres du gouvernement avaient nourris pendant plusieurs années au sein du centre de la république populaire d’Ukraine à Tarnów, à l’étranger, et que les militaires avaient entretenus dans les camps d’internement :

« Jusqu’à la signature du traité de Riga, on était convaincu à Tarnów qu’il n’y aurait pas de paix entre la Russie soviétique et la Pologne et que la poursuite de la guerre était inévitable. Je me souviens que, lors de nos conversations, Petlioura, ainsi que Tioutiounnik, soulignaient presque à chaque fois qu’il n’y aurait pas de paix entre les Polonais et les bolcheviks, et qu’il fallait s’attendre à des événements au printemps 1921… Après la signature du traité de Riga, la situation à Tarnów et dans les camps, comme je l’ai dit, s’est encore aggravée. Même si les Polonais assuraient que tout irait bien, la réalité était tout autre. En conséquence, les soldats ukrainiens dans les camps, ainsi que les fonctionnaires à Tarnów et à Częstochowa, ont commencé à se débrouiller « par leurs propres moyens ». Beaucoup de jeunes se sont exilés en Tchéquie, où ils ont trouvé la possibilité d’étudier ».

Et qu’en pensaient les Polonais ?

Comme on le sait, Józef Piłsudski lui-même et ses partisans, considéraient l’accord de Riga comme un échec dans une certaine mesure. Le chef de l’État s’était même un jour excusé auprès des soldats ukrainiens pour le non-respect des accords. Il faut toutefois comprendre que, dans la République des Deux Nations renaissante, les aspirations impériales avaient également refait surface à cette époque, comme a pu l’écrire un autre diplomate ukrainien, Tymish Olesiuk :

« J’avais participé en tant que secrétaire aux négociations et à la signature du traité ukraino-polonais, et j’avais entendu les assurances solennelles des représentants du gouvernement polonais selon lesquelles la Pologne nouvellement ressuscitée ne répéterait plus ses anciennes erreurs politiques tragiques et ne s’engagerait pas sur la voie de l’oppression et de l’hostilité envers le peuple ukrainien. Au contraire, elle rechercherait une amitié durable et une alliance solide avec la République populaire ukrainienne autonome et indépendante afin de se défendre avec succès contre leur ennemi commun et mortel : la Moscovie. Aujourd’hui, en cette période de triomphe polonais, j’ai clairement constaté le silence total (non seulement de la part des masses polonaises, mais aussi des responsables gouvernementaux polonais) concernant cet accord de fait, et l’alliance polono-ukrainienne.

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Les précédentes assurances solennelles de la Pologne se sont révélées n’être que de vaines paroles diplomatiques, des promesses creuses, sans aucune conséquence positive pour l’avenir. En revanche, ce qui s’imposait comme un facteur réel dans les relations populaires polono-ukrainiennes, c’était le contenu idéologique des slogans inscrits sur les nombreuses affiches brandies par la foule polonaise dans les rues de Varsovie. On pouvait y lire : « Vilnius, Minsk, Kyiv, Kamianets-Podilsky — à la Pologne ! ». En observant ces slogans et en rassemblant mes observations et mes impressions, j’en suis finalement parvenu, dans mon esprit, à une conclusion politico-historiophilosophique qui s’inscrit parfaitement dans la formule lapidaire de notre proverbe populaire : « De ce miracle, il ne sortira pas de bière ! » ».

C’est par des motifs similaires que Stanisław Grabski, membre de la délégation polonaise lors des négociations avec les bolcheviks, expliqua les attaques des « partisans de Piłsudski » contre l’accord de Riga : « Au premier plan de la campagne visant à empêcher la ratification par la Diète du traité de paix avec la Russie soviétique, la communauté, alors nombreuse à Varsovie, des propriétaires terriens polonais et des acteurs du mouvement national et culturel originaires des provinces de Minsk et de Moguilev, ainsi que des régions de Konstantiniv, Kamianets, Proskouriv et Vinnytsia…

Leur amertume était tout à fait compréhensible. En effet, depuis plus de cent ans, leurs familles, malgré d’innombrables persécutions, non seulement avaient obstinément conservé leur fidélité à leur nationalité et à leur foi, mais avaient également déployé d’énormes efforts pour préserver, sur les terres qui faisaient partie de la République des Deux Nations avant les partages, sinon la prédominance, du moins une position solide de la culture polonaise. Et voilà qu’est venu le moment où leur terre natale était déjà occupée par l’armée polonaise et l’administration polonaise. Or aujourd’hui, après sa brillante victoire sur la Vistule et la Vkra, la Pologne les rejette, laissant leurs maisons, leurs domaines, leurs paroisses, leurs tombes — les tombes de leurs ancêtres — au-delà de ses frontières ».

Le sentiment de trahison de la part d’un ancien allié, dans un contexte où il était question de gains territoriaux, ne préoccupait guère la partie polonaise. Ils préféraient même que ce soient les bolcheviks qui l’emportent en Russie plutôt que les monarchistes, car il aurait alors été plus difficile de négocier les territoires.

Le « Andrusovo de Riga », comme les Ukrainiens appelaient l’accord de Riga (le référence au traité de 1667 entre le tsar de Moscou et la République des Deux Nations, qui a divisé l’Ukraine cosaque de l’époque, de part et d’autre du Dniepr, en Ukraine de la rive gauche et Ukraine de la rive droite – ndlr) apportait aux Polonais de nombreux avantages, tandis que la poursuite de la guerre contre les bolcheviks pour une Ukraine démocratique correspondait bien moins à leurs intérêts.

Plus tard, lorsque la Pologne retomba sous la dépendance de Moscou après la Seconde Guerre mondiale, Semen Levtchenko, soldat de l’armée de la République populaire d’Ukraine (UNR), écrivait non sans reproche :

« Le mépris envers l’allié naturel de l’Ukraine contre Moscou s’est répété tout récemment, en 1920. Nous, qui avons vécu ces événements, n’avons pas encore oublié comment nous en étions venus alors à lutter ensemble contre la Moscou communiste, alors qu’elle commençait tout juste à se parer de ses nouveaux atours impérialistes. Dans cette lutte sanglante « pour notre liberté et la vôtre », l’armée ukrainienne s’est toujours montrée un partenaire honnête et loyal. Ainsi, lorsqu’elle a dû quitter son territoire natal, elle a honnêtement tenu la parole donnée et, fidèle aux préceptes de l’honneur militaire, a continué à défendre les terres désormais polonaises. … Et que s’est-il passé ensuite ? Cela s’est terminé comme auparavant. Le traité de Riga n’était, dans ces nouvelles circonstances, qu’une répétition du funeste souvenir de la paix d’Andrusovo… Et alors, comme aujourd’hui, l’allié ukrainien a été livré en pâture à Moscou.

Qui sait si la Pologne ne paie pas, ou n’a pas déjà payé, pour sa faute envers le peuple ukrainien en 1920 ? Si, à l’époque, l’allié ukrainien n’avait pas été livré en pâture, si la victoire sur les bolcheviks avait été menée jusqu’au bout (et on en était déjà très proche, car des soulèvements commençaient en Ukraine dans les arrières bolcheviques), qui sait à quoi ressemblerait le monde aujourd’hui ? Il est certain que la troisième Rome moscovite-bolchevique ne serait pas aussi solidement établie et ne brandirait pas son fouet NKVD au-dessus du Rhin et du Danube ».

Dans le prolongement de cette réflexion, on peut supposer que la menace actuelle qui pèse sur l’Ukraine de la part de la Russie de Poutine n’aurait peut-être pas été aussi importante si, il y a un siècle, les Polonais, puis le reste du monde, n’avaient pas reconnu les bolcheviks comme des partenaires à part entière.

L’accord de Riga n’est pas seulement une leçon importante sur les conséquences des négociations menées « dans le dos d’un allié », mais aussi un rappel quant aux partenaires avec lesquels il convient de conclure des accords, et quant à ceux qu’il faut isoler et éviter toute coopération, quels que soient les avantages temporaires qu’elle puisse promettre. Et tout comme il y a 105 ans, c’est aujourd’hui Moscou, avec son attitude génocidaire et barbare, qui devrait risquer l’isolement international total.