Sans attendre d’hypothétiques sanctions américaines, l’Ukraine parvient à limiter les exportations russes d’hydrocarbure en frappant les ports, les navires, les raffineries et les oléoducs de la Russie, pesant ainsi sur son économie.
Selon Reuters, des drones ukrainiens ont attaqué le port russe Primorsk, en provoquant des incendies sur deux bateaux de la flotte fantôme russe. Il s’agit des pétroliers Kusto et Cai Yun. Le Kusto est un pétrolier de type Aframax, capable de transporter environ 700 000 barils, qui appartient et est exploité par Solstice Corp. Le Cai Yun est également un pétrolier de type Aframax, qui appartient et est exploité par Acceronix Ltd. Les deux pétroliers sont immatriculés aux Îles Seychelles.
Des sources de Reuters ont indiqué que l’attaque avait également entraîné l’arrêt du chargement de pétrole au terminal pétrolier clé de Primorsk, à l’ouest du pays. Chaque année, environ 60 millions de tonnes de pétrole transitent par le port de Primorsk, ce qui rapporte à la Russie environ 15 milliards de dollars par an. Globalement, la mer Baltique représente 60 % des exportations maritimes totales de pétrole de la Russie.
Le port de Primorsk est situé près de Saint-Pétersbourg. « Selon les experts, le chiffre d’affaires de Primorsk s’élève à 100 millions de dollars par jour. C’est pourquoi même un arrêt temporaire du port cause d’énormes pertes économiques à la Russie », précise le journal en ligne ukrainien, Novynarnya.
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Le pétrole représente les trois quarts des recettes des exportations de ressources naturelles russes. Un détail important : la mer Baltique est en quelque sorte « une mer intérieure » de l’UE et de l’OTAN, puisque sur le pourtour de la mer Baltique, tous les pays sont aujourd’hui membres de l’Union européenne et de l’OTAN. « C’est là qu’il existe une possibilité de réduire radicalement les exportations d’énergie russe par voie maritime », estime Andriy Andriy Klymenko, le chef du groupe de surveillance de l’Institut d’études stratégiques de la mer Noire.
« La presse mondiale a rapporté que les ventes de pétrole russe avaient chuté de manière significative en décembre en raison des sanctions de l’Union européenne. En fait, elles ont diminué non pas en décembre, mais en janvier, et non pas à cause des sanctions, mais parce que, à la suite d’attaques de drones à longue portée des forces armées ukrainiennes sur le principal port d’exportation russe d’Oust-Louga, seuls 44 pétroliers ont quitté ce port au lieu des 55 habituels par mois. Il s’agit d’environ 1 million de tonnes de pétrole que les Russes ont compensé en utilisant un autre port, Primorsk, également dans la région de St-Pétersbourg », a-t-il précisé.
Après le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’UE a imposé une interdiction sur la plupart des importations de pétrole en provenance de la Russie. Actuellement, environ 300 pétroliers font actuellement l’objet de sanctions de la part du Royaume-Uni, de l’UE et des États-Unis. Mais l’oléoduc Droujba (« amitié » en russe) a été tout ce temps exempté de sanctions. La mer Baltique joue toujours un rôle de plaque tournante pour le pétrole russe. Parmi les transporteurs, les armateurs grecs occupent la première place. Ils représentent 30 % du total, selon les services d’observation ukrainiens.
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Le président américain, quant à lui, revient régulièrement sur le sujet du pétrole russe dans ses discours. Le 12 septembre il a conditionné l’application de nouvelles sanctions contre la Russie à l’arrêt des achats de pétrole russe par les pays de l’Otan. Selon Volodymyr Zelensky, début septembre Donald Trump s’était déjà dit « très mécontent » des achats de pétrole russe par des pays de l’UE lors d’une conversation téléphonique entre le président américain et des dirigeants européens. Donald Trump fait de nombreuses déclarations extravagantes, mais il ne se presse pas de passer à l’acte.
En attendant que les pays de l’UE et de l’OTAN durcissent leurs sanctions contre le pétrole russe, l’Ukraine limite les exportations russes de pétrole en bombardant les oléoducs et les ports. A part Primorsk, visité par les drones ukrainiens plus d’une fois, l’oléoduc Droujba a été également frappé en août. Kyiv ne peut pas attendre que ses alliés, un jour peut-être, se décident à ne plus acheter des hydrocarbures russes. Le droit à la légitime défense nous permet de cibler les infrastructures énergétiques de l’ennemi et l’expérience suggère de compter surtout sur nos propres forces. A suivre.


