La société française Alta Ares commence à produire des drones anti-drones testés avec succès en Ukraine. La Roumanie va également produire des armements pour son voisin de l’est. Pour de nombreux pays européens, le renforcement de leurs capacités de défense passe aussi par un soutien à l’Ukraine agressée par la Russie.
La plupart des pays membres de l’UE qui bénéficieront du programme SAFE pour investir dans la défense ont inclus un soutien à l’Ukraine dans leurs plans nationaux, a indiqué le commissaire européen à la défense, Andrius Kubilius. Selon lui, les 19 États membres de l’UE sont intéressés par le programme SAFE et ont déjà soumis leurs plans. « Quinze pays membres y ont inclus un soutien à l’Ukraine. C’est plus que prévu. Et il s’agit de milliards, pas de millions », a déclaré le commissaire.
En particulier, selon Reuters, la Roumanie prévoit de produire des drones en collaboration avec l’Ukraine dans le cadre du programme de défense de l’UE. La Roumanie partage une frontière commune de 650 km avec l’Ukraine et a été confrontée à plusieurs reprises à des violations de son espace aérien par des drones russes. Des débris de drones sont tombés plus de 20 fois sur son territoire au cours des deux dernières années.
Bucarest négocie avec l’Ukraine pour utiliser sa « technologie éprouvée au combat » et pour créer une production commune de drones. Le projet devrait être financé dans le cadre de l’initiative européenne SAFE, pour laquelle la Roumanie disposera de 16,6 milliards d’euros.
Actuellement, la défense du pays comprend des F-16, des systèmes Patriot, HIMARS, des missiles sud-coréens Chiron et des canons automoteurs allemands Gepard. Les deux derniers systèmes sont considérés comme les plus efficaces dans la lutte contre les drones, mais leur utilisation à grande échelle sur toute la frontière est trop coûteuse.
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Dans le même temps, la société française Alta Ares fournira à l’Ukraine des systèmes de lutte contre les drones dotés d’une intelligence artificielle intégrée. Le système d’interception Alta Ares a déjà été validé avec succès par l’OTAN sur le site d’essai de l’Agence française des achats de défense. Depuis début novembre, ce complexe est opérationnel en Ukraine, où il a abattu les premiers drones russes de type Shahed.
« Le système d’interception combine les radars tactiques Thales et Echodyne avec les intercepteurs X-Wing et les drones à réaction développés en France et en Ukraine. Il est capable de détruire les drones d’agresseur à une distance allant jusqu’à 30 km, et l’IA intégrée pour le guidage terminal augmente l’efficacité de l’interception de 35 %. Le système est compatible avec différents radars et installations antiaériennes, assurant la protection des sites sensibles et des infrastructures critiques », précise le média ukrainien Censor.net.
Au premier trimestre 2026, la société française, en partenariat avec un opérateur ukrainien de drones, prévoit de localiser en France le cycle de production complet d’un des intercepteurs. La production a déjà commencé. Le mécanisme est composé à 85 % de composants européens, ce qui permet de ne pas dépendre des fournisseurs chinois.
Ces derniers jours, une campagne nationale de collecte de fonds pour l’achat de drones intercepteurs destinés à l’Ukraine a été lancée en République tchèque. La collecte est organisée par les militants de l’association Skupina D, qui ont déjà fourni des milliers de drones à l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe à grande échelle.
L’Ukraine fabriquera également des drones en collaboration avec la Norvège. Le 30 décembre, un document à ce sujet a été signé par le ministre de la Défense Denys Shmyhal et le ministre de la Défense norvégien Tore Sandvik.

