Au sud de l’Ukraine, près de Kherson, les habitants d’Oleshky survivent sans électricité, sans gaz, et sont maintenant privés de nourriture par l’armée russe. Tout se passe comme si les envahisseurs voulaient non seulement occuper le territoire, mais aussi procéder à l’élimination totale de la population locale.
Ils sont environ deux mille civils qui se sont retrouvés complètement bloqués dans la ville occupée d’Oleshky, dans la région de Kherson. La ville au sud du Dniepr subit un véritable blocus imposé par l’armée russe, et la population manque cruellement de tout : de nourriture, d’eau potable, de médicaments, de produits d’hygiène… En raison d’une pénurie critique de produits alimentaires, les habitants sont contraints de faire cuire des mauvaises herbes. Les corps des victimes restent à la belle étoile pendant des mois, les autorités d’occupation ayant formellement interdit leur inhumation, rapporte la BBC.
Pour quelle raison la Russie occupe-t-elle une ville, tout en affamant ses habitants ? Ce qui se déroule à l’échelle de cette petite ville proche du front témoigne des intentions génocidaires de la Russie. Les occupants font mourir la population locale, ou poussent les hanitants au départ, procédant ainsi à un nettoyage ethnique.
Les plus audacieux, un par un, arrivent en effet à quitter la ville. Ceux qui parviennent à s’échapper témoignent de souffrances inadmissibles. « Des gens meurent de faim dans la rue », raconte ceux qui arrivent à faire à pied plus de 20 km sous les tirs, comme cette femme de 67 ans.
La fille d’une habitante d’Oleshky, Natalia, a raconté à l’agence de presse UNAIN que sa mère avait longtemps hésité à quitter sa petite ville natale. « Elle continuait à s’occuper des animaux errants et avait recueilli près de 30 chiens et chats chez elle, » a dit la jeune femme qui a pu accueillir sa maman chez elle, à Kyiv.
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« Ces derniers mois, cette femme s’était de plus en plus concentré sur la recherche de nourriture pour ses animaux, et pensait moins à sa propre alimentation. La situation alimentaire critique à Oleshky et la disparition d’animaux directement de sa cour, probablement dévorés par des habitants affamés, ont été le déclencheur définitif de son départ », précise UNIAN.
Il y a quelque jours l’armée ukrainienne, a deux reprises, a réussi à lancer 4 tonnes des nourritures depuis les drones, pour aider les habitants d’Oleshky. Mais, selon des habitants de la petite ville, une grande partie de cette nourriture a été aussitôt confisqué par les envahisseurs. Quoi qu’il en soit, des actions ponctuelles ne peuvent pas résoudre globalement le problème de la faim ni sauver des vies pendant l’hiver.
Les habitants d’Oleshky vivent sans approvisionnement en eau depuis le 5 juin 2023. L’électricité a été coupée dans la ville le 21 octobre 2021. Depuis 2023. La ville est à court de gaz depuis l’été 2025. Selon les estimations de Save Ukraine, il reste entre 1 200 et 1 300 personnes dans la ville, dont 30 à 50 enfants. Ils risquent de ne pas survivre à cet hiver.
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Des journalistes ukrainiens ont identifié des unités russes qui pourraient être impliquées dans le blocus de la ville et la catastrophe humanitaire. Selon les enquêteurs de Slidstvo Info, ce sont les commandants et les unités de la 126e brigade indépendante de défense côtière de la Flotte de la mer Noire de la Fédération de Russie, ainsi que le 331e régiment de parachutistes de la Garde, qui pourraient maintenir la ville sous un blocus strict et affamer la population civile.
Oleshky a été occupée par les troupes russes le 24 février 2022, le premier jour de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Selon les données officielles du Service national des statistiques d’Ukraine, au 1er janvier 2022, la population de la ville s’élevait à 24 124 habitants. Au cours des années d’occupation, la population de la ville a donc diminué d’environ 15 à 20 fois.
De le début d’occupation, une grande partie des habitants a tenté de quitter leurs maisons. La destruction de la centrale hydroélectrique de Kakhovka en juin 2023 a porté un coup terrible à ceux qui étaient restés. « Cet événement a constitué le coup le plus dur porté à la population de la ville. Oleshky étant située dans une plaine sur la rive gauche du Dniepr, la ville a été presque entièrement inondée (le niveau de l’eau atteignait par endroits 2 à 4 mètres). Les militaires russes ont bloqué l’évacuation et empêché l’accès aux bénévoles, ce qui a entraîné de nombreuses victimes parmi les civils. De nombreux corps, faute de pouvoir être enterrés, sont restés sous les décombres des maisons ou dans l’eau. Ceux qui ont survécu mais ont perdu leur logement ont été contraints de fuir vers l’intérieur des territoires occupés ou à l’étranger », témoigne la radio Svoboda.
À la fin de l’année 2024, la population avait déjà diminué de quatre fois, pour atteindre 6 000 personnes. Depuis fin 2025, les forces d’occupation ont de fait transformé la ville en zone interdite et en « bouclier humain ». À l’automne 2026, la situation est décrite comme une famine catastrophique et un véritable enfer humanitaire. Depuis plusieurs années déjà, la ville est privée d’électricité, de gaz, de chauffage et d’un accès régulier à l’eau potable. Pratiquement aucune denrée alimentaire ni aucun médicament n’est acheminé vers la ville. Les voies d’accès à la ville sont minées.
Au fond, depuis le Holodomor de 1933, la Russie n’a pas beaucoup changé ses méthodes pour soumettre les Ukrainiens qui refusent de devenir Russes.


