Journaliste et militaire, Serhiy Demtchouk raconte au quotidien la guerre telle qu’il la voit. Aujourd’hui, il nous raconte comment son régiment fabrique ses propres drones et les améliore en permanence.
L’atelier de fabrication de drones du régiment « Arey » (Ares) existe depuis plusieurs années déjà. Ce sont quatre passionnés qui ont lancé cette aventure. Ils se consacraient principalement à la réparation de ces « petits oiseaux », faisaient quelques expériences pour tenter d’améliorer certains aspects, et assemblaient même des modèles eux-mêmes, comme on dit, « à la va-vite ».
À l’heure actuelle, l’atelier emploie plus d’une vingtaine de spécialistes. Et cela est loin de représenter l’ensemble de l’équipe, car de nouvelles personnes viennent sans cesse s’y ajouter. On pourrait se croire dans une start-up. Sauf que celle-ci travaille pour la guerre. Les spécialistes de l’atelier de drones mènent des expérimentations et mettent en œuvre de nouveaux projets. Ils fabriquent notamment eux-mêmes de la fibre optique et disposent d’une imprimante 3D.

L’atelier n’est pas loin des lignes de front. Les pilotes peuvent donc faire un retour immédiat sur le matériel testé, et faire évoluer très vite les appareils. Pas besoin d’attendre et de remplir des formulaires.
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Le cœur de l’atelier est la salle d’assemblage et de réparation de drones, principalement des drones FPV (piloté en immersion grâce à une caméra embarquée qui retransmet le direct dans un casque ou des lunettes vidéo) — allant des petits modèles de 7 pouces à ceux de 15 pouces. Il s’agit aussi bien de « petits oiseaux » radiocommandés que de modèles à fibre optique.

« L’atelier a déjà fabriqué plusieurs milliers des drones, qui ont été mis à la disposition de nos pilotes. Chaque drone représente un occupant tué ou blessé », explique le chef de l’atelier, dont le nom de guerre est « Oujass » (l’horreur).
L‘une des réalisations de l’année dernière est l’atelier de fabrication de fibre optique — les « toiles d’araignée » — grâce auxquelles il est impossible de brouiller le drone à l’aide de moyens de guerre électronique. Désormais, les membres du régiment ont la possibilité de fabriquer eux-mêmes des bobines de 10 et 15 kilomètres, et ils prévoient d’augmenter cette distance. L’atelier dispose également d’un testeur spécial : il suffit d’y connecter la fibre optique pour la tester.
« Je tiens à souligner que la qualité est excellente. Sur le lot précédent de 50 bobines, nous n’avons constaté aucune rupture lors des sorties de combat », déclare « Oujass ».
« Arey » dispose également de son propre atelier d’impression 3D. On y fabrique des pièces en plastique, allant des composants pour drones et des boîtiers aux pièces destinées aux munitions.
Cela permet de résoudre de nombreux problèmes. Par exemple, plutôt que de chercher un fabricant capable de produire une pièce donnée, nos spécialistes s’en chargent rapidement eux-mêmes.
Une autre nouveauté : une station de contrôle pour drones FPV à fibre optique. Elle se distingue de la plupart des modèles similaires car elle permet d’utiliser un signal vidéo numérique plutôt qu’analogique. La qualité d’image est donc nettement supérieure.

« Les pilotes peuvent voir beaucoup mieux leur cible et s’orienter dans l’espace. La station permet de piloter des drones à une distance de 30 kilomètres », explique « Oujass ».
De plus, l’atelier fabrique toute une série de gadgets utiles. Par exemple, ses propres batteries externes, qui n’ont rien à envier à celles vendues dans le commerce. Ces batteries sont destinées aux soldats sur le terrain, afin qu’ils puissent recharger leurs talkies-walkies et tout autre équipement indispensable en situation de combat.


