L’ancien rédacteur en chef du Tyzhden, Serhiy Demtchouk, sert actuellement dans l’armée ukrainienne, dans la Légion étrangère, aux côtés de volontaires du monde entier. Dès qu’il a une possibilité, il nous décrit la vie des soldats sur la ligne de front. Ce texte raconte l’histoire de jeune Français qui combat pour l’Ukraine.
Jérôme n’a pas rejoint le 2e Légion étrangère dès que l’occasion s’est présentée, car il devait encore régler certaines affaires dans l’armée française.
Il s’est joint à nos rangs en 2023 et a servi pendant un an, puis est rentré chez lui pour huit mois. Mais il n’a pas tenu en place et il est revenu en Ukraine.
« Je suis venu parce que la Russie commet une terrible agression. L’Ukraine a besoin de sécurité et de protection, et je peux apporter ma contribution. Je suis donc ici en tant que sapeur, mais je souhaite rejoindre une compagnie d’infanterie et me battre », explique-t-il. « Je n’ai pas eu de difficultés dans le légion. Ma première mission consistait à défendre des positions, nous nous protégions dans des tranchées. Mes frères d’armes m’ont tout montré : d’ici, nous tirons, ici, nous dormons, ici, nous nous défendons… Voilà comment se sont déroulées mes trente premières minutes au front. Puis les tirs ont commencé, un frère d’armes m’a attrapé et m’a plaqué au sol, et nous sommes restés là. Un obus est tombé à cinq mètres de moi. Mon camarade m’a sauvé la vie. Ce fut mon baptême du feu. C’est effrayant de faire son travail en sachant que l’on est surveillé par des drones. Quand je pose des mines à vingt mètres des Russes, ils ne me voient pas, mais quand nous sommes dans nos tranchées, ils tirent très fort. C’était surtout très dur dans la forêt de Serebryansky. On a perdu beaucoup des gens là-bas ».
Les amis et la famille de Jérôme ont eu du mal à accepter sa décision de se battre pour l’Ukraine. Pendant six mois, ses proches ne lui ont pas parlé. « Maintenant, ils comprennent ce que je fais ici », dit Jérôme.
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Être sapeur n’est pas pour les âmes sensibles : « Quand je pars en mission, je choisis le bon moment. Parfois, je pars avec quelqu’un, parfois seul. On risque toujours d’être tué. Par un mortier ou un drone.
La communication au sein du bataillon est parfois difficile, mais je parle anglais et espagnol, donc ça va. Sans l’espagnol, j’aurais du mal à accomplir mes missions. Mais le plus important, c’est que nous sommes tous amis, ici, j’ai retrouvé la vrai camaraderie ».
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Selon la presse ukrainienne, une centaine des volontaires français combattent aux côtés de l’Ukraine, une quinzaine a été tués depuis le début de la guerre totale. La grande majorité d’entre eux ont précédemment servi dans l’armée française.


