Selon le ministère britannique de la Défense, un général deux étoiles avait été choisi pour diriger le quartier général des forces multinationales en Ukraine (MNF-U). Cette structure reflète les efforts déployés par l’OTAN et ses alliés pour préparer un éventuel cessez-le-feu et une mission de stabilisation ultérieure en Ukraine, écrit le UK Defence Journal.
En mobilisant ses hauts gradés et ses forces d’intervention rapide, la Grande-Bretagne se positionne comme l’un des principaux acteurs de l’une des plus grandes opérations multinationales menées en Europe depuis les années 90. Au niveau des généraux trois étoiles, la responsabilité du commandement multinational sera partagée entre Londres et Paris. Cette question sera réexaminée lorsque les détails d’un éventuel cessez-le-feu seront connus.
Le ministre de la Défense Luke Pollard a déclaré que le commandement conjoint devrait rester en place même après le transfert du quartier général de la MNF-U de la France vers le Royaume-Uni. « L’intention est que le commandement trois étoiles des forces multinationales en Ukraine reste commun aux deux pays », a-t-il écrit. Et comme plus de 30 pays devraient participer à cette initiative, la question centrale dans la planification était précisément celle de la coopération.
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Dans le même temps, le journal The Financial Times indique que les capitales européennes sont de plus en plus pressées de s’engager concrètement dans le déploiement prévu de forces multinationales dans l’Ukraine d’après-guerre. Les journalistes soulignent que ces forces constituent un élément central des garanties de sécurité pour l’Ukraine envisagées par la « coalition des volontaires » menée par la France et la Grande-Bretagne, avec le soutien promis des États-Unis.
Selon deux sources proches des discussions, la coalition s’est divisée en trois groupes : ceux qui sont prêts à envoyer des troupes, notamment le Royaume-Uni ; ceux qui ont déjà décidé de ne pas le faire, comme l’Italie ; et la majorité, qui n’a pas encore pris de décision, notamment l’Allemagne.
Selon le directeur du Centre ukrainien des stratégies de défense, Oleksandr Khara, la bonne nouvelle est que cette initiative est menée par la Grande-Bretagne. « Elle a été le premier pays d’Europe occidentale à comprendre en 2014 le danger que représentait la Russie et à commencer à nous aider à reconstruire nos forces navales. Nous nous souvenons du rôle extrêmement important joué par la Grande-Bretagne au cours des premiers mois de la guerre totale, lorsqu’elle a incité les Américains et d’autres pays à commencer à aider l’Ukraine, et qu’elle a été la première à fournir des chars », dit-il dans un commentaire à Tyzhden.
Cependant, selon lui, cette initiative nécessite un cessez-le-feu ou un accord de paix. « Je pense que les Ukrainiens comprennent qu’il n’y aura pas d’accord de paix avec la Russie de notre vivant. Et il semble peu probable que Poutine soit prêt à conclure un cessez-le-feu, sachant qu’il dispose de suffisamment de forces pour poursuivre son offensive et bombarder les villes ukrainiennes, tandis que les États-Unis tardent à imposer des sanctions et à prendre d’autres mesures susceptibles d’arrêter la Russie. D’autant plus que Poutine comprendra que des troupes de l’OTAN seront présentes sur le territoire ukrainien, même si elles ne porteront pas le drapeau de l’Alliance. Bien sûr, cela lui compliquera la vie. C’est pourquoi cette construction pourrait ne pas fonctionner s’il n’y a pas d’autres éléments », note Oleksandr Khara pour Tyzhden.
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Selon lui, la question-clé est ailleurs. « Nos autorités ne cessent de répéter qu’il s’agit d’éléments garantissant la sécurité, mais ce n’est pas le cas. Premièrement, même s’il y a un cessez-le-feu et que ce contingent réduit – environ 10 000 soldats – est déployé sur nos territoires occidentaux, il en faudrait en réalité 30 000. Il faut des gens prêts à les remplacer, d’autres qui se reposent ou se préparent, ce qui représente une charge assez lourde pour les Européens, qui sont entrés dans une période de détente et ne sont pas prêts pour la guerre. Ensuite, ils seront stationnés dans l’ouest de l’Ukraine, et non entre les Russes et nous, alors quel sera leur rôle en cas de violation du cessez-le-feu ? Nous ne connaissons pas leur mandat. Il est peu probable qu’ils soient prêts à se battre à nos côtés et à faire la guerre à la Russie. Cela signifierait en fait une guerre entre la Russie et l’OTAN, avec l’utilisation possible d’armes nucléaires, ce qu’ils redoutent », explique Oleksandr Khara.
Ce dernier souligne que ce qui est actuellement discuté et présenté comme des garanties de sécurité est en fait la mise en œuvre d’accords bilatéraux en matière de sécurité.
« Il ne s’agit pas ici de garanties de sécurité, mais de sanctions contre la Russie, d’investissements dans l’industrie militaire ukrainienne, de transferts d’armes, de production conjointe, de formation militaire, d’échange de renseignements, etc. Ce sont toutes des assurances en matière de sécurité, moins formelles et sans obligation de sécurité collective. Oui, c’est très bien que les Européens aient enfin pris conscience, après 11 ans de guerre, de la menace qui pèse sur eux et qu’ils soient prêts à agir. Mais cela ne résout pas nos problèmes », souligne Oleksandr Khara.
Pendant ce temps, Pavlo Lakichuk, responsable des programmes de sécurité du Centre de globalisation « Stratégie XXI », parle de l’anticipation des événements par les alliés européens.
« Pourquoi nos partenaires parlent-ils des forces de maintien de la paix, sans aborder la question de l’arrêt des combats ? Parce qu’ils ne peuvent en aucun cas influer sur l’arrêt des hostilités. Ni eux, ni Trump. N’ayant pas la possibilité d’avoir une influence sur les problèmes actuels, nos partenaires essaient de faire quelque chose. Soit dit en passant, tout cela ne nous concerne pas nous, Ukrainiens, mais eux, Européens. C’est un indicateur qui montre de quoi les États sont capables. Certains sont prêts à assurer une défense collective, d’autres disent qu’il vaut mieux fournir des munitions, et d’autres encore sont prêts à changer d’avis en fonction des circonstances. Cela ne nous facilite pas la tâche, mais les Européens ont tout intérêt à commencer à réfléchir dès aujourd’hui », conclut-il dans son commentaire à Tyzhden.


