L’Ukraine continue de porter des coups dévastateurs aux installations pétrolières russes situées à mille cinq cents kilomètres de la frontière commune.
Les médias font état d’incendies survenus dans les raffineries russes « Orsknaftorgsintez » et « LUKOIL-Permnaftorgsintez », rapporte la chaîne Telegram russe Astra. Celles-ci sont situées respectivement à Orsk, dans l’oblast d’Orenbourg, et à Perm, à environ 1 500-1 800 km de la frontière avec l’Ukraine. La confirmation que les drones ont bien touché leur cible a été donnée par le maire d’Orsk, Artem Vorobyov, le gouverneur de la région de Perm, Dmitri Makhonin, l’agence gouvernementale Rosaviatsiya et le ministère de la Défense de la Fédération de Russie.
Le 29 avril, Rosaviatsia a imposé des restrictions temporaires concernant l’arrivée et le départ des avions à l’aéroport d’Orsk et dans plusieurs autres villes de la Fédération de Russie. Le maire d’Orsk a signalé un « risque d’attaque par drone sur le territoire de la ville » et a appelé les habitants à « ne pas sortir dans la rue et à ne pas s’approcher des fenêtres ».
Selon Astra, « Orsknaftorgsintez » est l’une des plus grandes raffineries de pétrole de Russie. Cette raffinerie fait partie du holding « ForteInvest », qui appartient au groupe « Safmar » de Mikhaïl Gutseriev, et traite environ 6 millions de tonnes de pétrole par an. Le site d’opposition russe explique que cette raffinerie joue un rôle important dans l’approvisionnement en produits pétroliers de l’Oural et de la région de la Volga. De plus, une partie de la production est destinée à l’exportation. « Orsknaftorgsintez » avait déjà été la cible d’attaques en octobre et novembre 2025. L’entreprise produit de l’essence, du gazole, du fioul lourd, du bitume, du kérosène et d’autres produits pétroliers, selon le site Ukrainska Pravda.
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Selon la radio allemande DW, dans la région de la ville de Perm une épaisse fumée noire s’est élevée au-dessus de la ville depuis la nuit de 29 avril. « Il s’agirait probablement de la station industrielle et de production « Perm », appartenant à la compagnie pétrolière « Transneft ». Cette station sert à la réception, au stockage et au transfert de pétrole via des oléoducs principaux », précise DW.
Rosaviatsia a également mis en place le jour même des restrictions temporaires dans le fonctionnement des aéroports de Tcheliabinsk, Ekaterinbourg, Perm, Izhevsk, Orenbourg et de plusieurs autres villes. De telles situations sont devenues monnaie courante dans les villes russes liées à l’extraction, au traitement et au transport du pétrole.
La guerre en Iran crée des conditions propices à une hausse des prix du pétrole russe. Les drones ukrainiens se sont donc donné pour mission de limiter cette possibilité par tous les moyens possibles.
La veille, des drones ukrainiens avaient attaqué, pour la troisième fois, la raffinerie de Tuapse, dans la région de Krasnodar, en Russie. Le bombardement a touché le parc de réservoirs situé à proximité de l’installation du traitement primaire du pétrole.
Par conséquent, la raffinerie de Tuapse a arrêté sa seule unité de traitement du pétrole, rapporte Astra. Une importante marée noire a été signalée en mer Noire, et les autorités ont recommandé aux habitants de limiter leurs sorties en raison de concentrations excessives de benzène, de xylène et de suie dans l’air. Ce site est l’une des principales installations de Rosneft, avec une capacité de raffinage de 12 millions de tonnes de pétrole par an.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré en direct à la TV Souspilne que les frappes menées par les Forces armées ukrainiennes contre des installations du complexe pétrolier russe constituaient des ripostes « symétriques » aux attaques contre le secteur énergétique ukrainien. Il a indiqué que les pertes subies par le budget russe à la suite de ces attaques s’élevaient à « des dizaines » de milliards, sans préciser dans quelle devise.


