La Géorgie va tenter de gagner plus en vendant du pétrole turkmène à l’Europe, plutôt que de raffiner du pétrole russe en contournant les sanctions. Les pays du Caucase et d’Asie centrale imaginent de créer un nouveau corridor énergétique et s’éloignent ainsi de la Russie.
Selon le média géorgien, Business Media, la raffinerie de pétrole de Kulevi, détenue par la société géorgienne Black Sea Petroleum (BSP), va cesser complètement d’utiliser du pétrole russe. Cette décision s’explique par la pression exercée par l’Union européenne. Début mars, l’Union européenne a inscrit BSP sur la liste préliminaire des entreprises visées par des sanctions pour l’importation et le raffinage de pétrole russe.
En octobre 2025, la société « Russneft » a livré un premier lot de pétrole à la raffinerie, récemment construite dans le port de « Kulevi », ce qui a tout de suite provoqué des protestations des Européens, selon l’agence de presse Ukrinform. Auparavant, l’opposition géorgienne avait déclaré que les sociétés Wissol Group, Aragvi Impex et Lukoil importaient en Géorgie des produits pétroliers russes soumis à des sanctions, bien que le gouvernement tentait de le nier.
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De son côté, l’Azerbaïdjan ne se contente pas de manifester son intérêt pour le transport du pétrole turkmène vers l’Occident, mais prend également des mesures concrètes. En particulier, selon le journal Kaspiyski Vestnik, des négociations sont actuellement en cours à Bakou avec des représentants du Turkménistan. « La solidité du partenariat entre Achkhabad et Bakou constitue le fondement de la stabilité de l’ensemble du Corridor central », disent les sources azéries.
Au début du mois d’avril, une délégation turkmène conduite par le vice-Premier ministre Nokergula Atagulyev s’est rendue dans les ports maritimes de Géorgie, du Kazakhstan et d’Azerbaïdjan, marquant ainsi une nouvelle étape dans la politique économique extérieure du Turkménistan. Achkhabat s’éloigne progressivement de Moscou et, profitant de la fenêtre d’opportunité actuelle, tente de s’imposer comme un acteur clé des voies d’acheminement du pétrole en Europe.
La raffinerie de pétrole de Kulevi est la seule entreprise de ce type en Géorgie. Selon le média ukrainien Glavkom, « elle a été mise en service fin 2025 et affiche actuellement une capacité d’environ 1,2 million de tonnes par an, avec des perspectives d’extension. L’entreprise se concentre sur la production de diesel, de fioul lourd et d’autres produits pétroliers, en vue d’une future expansion sur les marchés internationaux ».
Les partenaires de la société géorgienne sur le marché international sont Saudi Aramco et le négociant mondial Trafigura. La raffinerie prévoit de lancer la production et l’exportation d’essence de classe Euro 5, de kérosène et d’eurodiesel.
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Selon Bloomberg, les recettes de la Russie issues de la vente de pétrole ont retrouvé leur niveau de mars 2022, du fait du blocage du détroit d’Ormuz. Le média britannique a annoncé le 24 mars que les recettes quotidiennes moyennes de Moscou provenant des exportations de matières premières ont doublé en mars par rapport au début de l’année, passant de 135 millions à 270 millions de dollars.
La guerre en Iran continue de maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé. « Dimanche 5 avril, lors d’une réunion en ligne, huit membres de l’OPEP+ ont convenu d’augmenter leurs quotas de production de pétrole de 206 000 barils par jour à compter de mai 2026. Cependant, les analystes s’attendaient à une augmentation plus importante de la production compte tenu de l’aggravation de la pénurie d’approvisionnement, et la décision prise n’atténuera pas beaucoup les conséquences de la plus grave crise pétrolière de l’histoire », note l’agence Reuters.


