Kyiv à trouvé un accord pour acheter à crédit du gaz américain afin d’assurer ses approvisionnements. Petit à petit, le GNL des États-Unis remplace le gaz russe en Europe.
L’entreprise gazière ukrainienne à conclut un partenariat stratégique visant à diversifier ses approvisionnements, selon son président Serhiy Koretsky. « Il s’agit d’assurer de futures livraisons régulières en gaz américain vers l’Ukraine via les terminaux gaziers grecs et le corridor vertical », a-t-il précisé sur sa page Facebook.
« Le corridor vertical est une initiative qui permet de transporter du gaz naturel, principalement du GNL, de la Grèce vers les pays d’Europe de l’Est, et jusqu’à l’Ukraine », explique le média économique ukrainien Liga.
Le mémorandum conclu avec la société grecque Atlantic-see LNG Trade concernant la fourniture régulière de gaz américain via les terminaux gaziers grecs couvre la période allant jusqu’en 2050. Cette coopération permettra non seulement d’assurer un approvisionnement stable et à long terme en GNL pour l’Ukraine, mais aussi d’intégrer l’infrastructure ukrainienne dans les itinéraires du GNL en Europe, en réduisant sa dépendance du gaz russe.
La fourniture de gaz sera également assurée par la Pologne. Il s’agit d’un volume d’au moins 300 millions de mètres cubes. C’est à peu près ce dont l’Ukraine a besoin pour survivre à l’hiver, dans un contexte de bombardements russes incessants sur les installations énergétiques. « Nos partenaires, en collaboration avec l’agence polonaise de crédit à l’exportation KUKE, nous accordent un crédit pour le paiement différé des volumes livrés, ce qui nous aide à couvrir le déficit de liquidités actuel », a écrit M. Koretsky sur Facebook.
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Les livraisons seront effectuées à partir du GNL américain qui, après regazéification en Pologne, sera transporté par gazoduc vers l’Ukraine. L’accord a été signé lors de la conférence du Conseil atlantique à Athènes. Cette année, l’Ukraine a déjà reçu plus de 600 millions de mètres cubes de gaz de la part de l’entreprise polonaise Orlen.
Les livraisons sont en train d’être planifiées : « Le contrat ainsi que les instruments d’assurance seront signés prochainement », précise le média ukrainien Suspilne.
Avec cet accord, la Pologne devient une sorte de hub pour la réception et distribution du gaz américain en Europe, en augmentant ainsi son poids géopolitique. Lors de sa récente visite à Bratislava, le président polonais Karol Nawrocki a souligné que la Pologne disposait de toutes les infrastructures nécessaires pour accroître ses importations : un terminal opérationnel à Świnoujście, un interconnexion, ainsi qu’un nouveau terminal flottant dont la construction sera bientôt achevée en mer Baltique. Il a proposé à son homologue, le président slovaque, de recevoir et fournir du gaz pour son pays également.
Pour la Slovaquie, les volumes potentiels de gaz américain sont estimés à 4-5 milliards de mètres cubes par an, soit presque l’équivalent de sa consommation annuelle. De cette manière, l’Occident tente de convaincre Bratislava de renoncer aux approvisionnements bon marché en gaz russe et de cesser de soutenir les intérêts russes en Europe.
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Reuters a calculé que les exportations de gaz russe vers l’Europe ont diminué de 45 % cette année par rapport à l’année précédente. L’agence se réfère aux statistiques du « Turkish Stream », le dernier pipeline en service pour l’approvisionnement de l’Union européenne. Compte tenu du rythme actuel d’extraction, les exportations de gaz de la Russie vers l’UE pourraient atteindre environ 18 milliards de mètres cubes à la fin de l’année, ce qui serait le volume le plus bas depuis le début des années 1970, lorsque le secrétaire général de l’URSS, Leonid Brejnev, a conclu le premier contrat d’approvisionnement de l’Autriche, note la publication.
À titre de comparaison, en 1975, 19,3 milliards de mètres cubes de gaz russe ont été livrés à l’Europe, précise le média britannique.


