Des tankers russes endommagés, des raffineries mises à l’arrêt par des drones, un oléoduc en feu et un terminal pétrolier inutilisable : ces dernières semaines, l’armée ukrainienne a concentré ses attaques sur le secteur pétrolier russe. Elle prive ainsi la Russie d’une part de ses revenus.
En novembre, les attaques de l’Ukraine contre les infrastructures pétrolières russes ont atteint un niveau record. Selon l’agence Bloomberg, le mois dernier, l’armée ukrainienne frappé les raffineries russes au moins 14 fois avec ses drones. De plus, l’Ukraine a conduit quatre autres attaques contre des terminaux pétroliers sur la côte de la mer Noire, ete atteint également des pétroliers.
Selon la BBC, le navire « Kairos » a coulé dans la partie sud-ouest de la mer Noire, et le « Virat » dans la partie centrale, plus à l’est. La Bourse de Londres précise que les deux navires figuraient sur la liste de ceux qui étaient visés par des sanctions.
Il y a une semaine, des drones navals ukrainiens ont gravement endommagé les installations portuaires du terminal pétrolier de la Caspienne, le plus grand point d’exportation du pétrole kazakh. Après l’explosion, le quai a subi des dommages importants et la société a déclaré que « toute opération était désormais impossible ».
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Le Kazakhstan, qui exportait en moyenne environ 1,5 million de barils de pétrole par jour via ce consortium avant l’attaque, a activé un plan de réacheminement des livraisons par des itinéraires alternatifs afin de maintenir ses volumes de production. Le pays a qualifié les attaques contre les infrastructures énergétiques civiles d’« inacceptables », avertissant qu’elles constituaient une menace pour la sécurité énergétique mondiale.
En novembre également, les drones ukrainiens ont frappé à plusieurs reprises des raffineries situées dans le centre de la Russie, près de Moscou, dans la région de la Volga et sur la côte de la mer Noire. Ces raffineries représentaient plus de 20 % du volume total de raffinage du pétrole en Russie, il y a encore un an.
Selon les estimations de la société de conseil en énergie Kpler, ces attaques ont entraîné une baisse de la production pétrolière russe, qui est tombée à cinq millions de barils par jour le mois dernier, « avec un risque de baisse supplémentaire ». Historiquement, à la fin de l’automne, le pays produit en général entre 5,3 et 5,5 millions de barils par jour.
« En raison des frappes répétées sur les mêmes sites, l’incertitude grandit quant à la capacité des usines à reprendre leur activité en toute sécurité, même après la fin des réparations, ce qui complique encore davantage les perspectives en matière de volumes de raffinage du pétrole en Russie », a indiqué Kpler.
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Tyzhden a déjà écrit que l’un des secteurs de la société russe les plus touchés par ces frappes était le lobby des automobilistes russes, les conducteurs étant contraints de faire la queue pour obtenir du carburant. La pénurie est particulièrement grave dans les régions éloignées, notamment dans l’Extrême-Orient et le sud de la Russie, où les conducteurs se tournent vers des marques plus chères en raison de la pénurie d’essence A-95.
Les militaires ukrainiens ont commencé le mois de décembre avec autant de succès. Dans la nuit du 1er décembre, une explosion s’est produite sur le tronçon Taganrog-Lipetsk de l’oléoduc « Druzhba », près du village de Kazinski Vysilki. Selon des sources dans les services de renseignement, des explosifs à déclenchement à distance et des mélanges combustibles supplémentaires ont été utilisés pour détruire une section de l’oléoduc et obtenir une combustion plus importante. C’est précisément par cet oléoduc que le pétrole russe continue d’être acheminé vers certains pays européens, notamment la Hongrie.
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a déclaré que Budapest contestera la décision d’interdire les importations de pétrole et de gaz russes devant la Cour de justice de l’Union européenne, dès que cette décision sera définitivement approuvée. Dans le même temps, le commissaire européen à l’énergie, Dan Jørgensen, a qualifié d’« historique » la décision de l’UE de renoncer aux importations de gaz russe d’ici fin 2027. Il a promis que l’Union européenne ne céderait plus jamais au chantage énergétique de la Russie.
Ajoutons que la base de données interactive InformNapalm recense plus de 140 frappes menées cette année contre des raffineries russes et d’autres installations pétrolières et gazières. Vous pouvez consulter la liste ici.

